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pub Jouer à la bourse quand on travaille
Une à deux heures chaque we, pas plus pour appliquer cette approche de l'achat sur repli dans les marchés haussiers. Les critères sont précis. Du prêt à l'emploi. L'une de nos meilleurs ventes.
   
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interview filet filet

photo1 J'ai perdu 50% en bourse dès les premiers mois !

Difficile de se contenter des seuls reportages sur les intervenants en bourse qui réussissent brillamment, en oubliant ceux, trop nombreux, qui ont subi de lourdes pertes entre 2000 et 2003. Nous nous sommes donc entretenus avec un passionné des marchés (il tient à conserver son anonymat) qui a terminé le jeu boursier organisé par abcbourse.com au mois de juin 2004, à la deuxième place. Et pourtant, ses débuts en bourse n'ont pas été vraiment très roses : - 50% de pertes en quelques mois. De quoi refroidir l'ardeur initiale... Aujourd'hui, il remonte la pente à son rythme. Nous lui souhaitons un happy end heureux, en espérant que son histoire redonnera espoir à tout ceux qui sont encore dans le rouge, quatre années après la fin du marché haussier de 2000.

 
(interview exclusive réalisée en août 2004)
 
 
 
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Edouard Valys Editions : Pourriez-vous décrire votre parcours, en partant de votre découverte de la bourse, vos gains et pertes et vos motivations ?

Monsieur Léon : J'ai découvert la bourse assez récemment, en 1999. Quoiqu'en pensent certains, j'associe beaucoup la bourse au casino en termes d'émotions. Les deux appuient là où ça fait mal (l'argent), et génèrent donc tous les deux de l'adrénaline. Comme j'apprécie beaucoup le jeu, les casinos et... l'adrénaline, la bourse m'a rapidement attiré. Si en plus ça peut arrondir les fins de mois, l'activité devient bien tentante...

Mon travail me laisse beaucoup de liberté en ce qui concerne les horaires et l'organisation. En 1999, nous avons eu de plus dans ma société un accès à Internet, illimité et très haut débit. Cela a beaucoup facilité l'accès à la bourse pour les particuliers.

J'ai donc commencé à regarder comment cela fonctionnait, les types d'ordres, le CO, la VAD, à lire les posts des intervenants dans les forums, puis à faire des trades virtuels : "tiens là j'achèterais bien ceci", "tiens là j'achèterais bien cela"... (au début on ne fait qu'acheter, la vad n'étant pas très naturelle pour le débutant !).

Evidemment tout se passait au mieux : fin 1999, on achetait n'importe quoi, et le lendemain ça avait pris 5%, et tous les jours cela recommençait ! Tout au plus une légère consolidation en fin de mois vers la liquidation, puis ça repartait de plus belle pour 20 séances. De quoi mettre le débutant bien en confiance : tout ses trades réussissent, et si il avait misé "ça", il aurait gagné "tout ça" ! Du coup, je compare un peu les brokers sur Internet puis j'ouvre rapidement un compte-titres.

En mars 2000, je peux enfin passer mes premiers ordres. Le CAC flirte déjà avec les 6.500 points... Je m'oriente d'entrée vers les technos "qui rapportent plus", car je ne vois pas l'intérêt d'acheter Danone, la bulle Internet : connais pas, je ne diversifie pas les secteurs, mon portefeuille n'est composé que de 2-3 lignes, je suis en pleine confiance de mes trades virtuels précédents... Bref, avec en plus la malchance du mauvais timing (arriver en bourse mi-2000 !), tout est réuni pour ramasser une belle gamelle !

Au début j'arrive cependant à tenir. Les introductions sont nombreuses et assez lucratives à cette époque. Je les joue toutes, ressort quelques jours plus tard, et ces PV substantielles compensent quelques erreurs de débutants que je fais en parallèle... Mais globalement je reste dans le vert, et c'est assez excitant. Pourtant quelques consolidations sont inquiétantes : très violentes et de forte ampleur, elles rappellent qu'on peut aussi perdre de l'argent en bourse, et ce de manière assez rapide.

Quelques mois plus tard, fin 2000, je participe activement à ces consolidations... Mes 2-3 lignes sont rouges, et j'attends patiemment "qu'elles remontent". Les introductions ne sont plus de mode. Je m'aperçois alors que ces consolidations annonçaient les prémices d'un franc revirement de tendance, et que je suis clairement engagé à hauteur de 100% de mon portefeuille, et ce à contre-tendance... Mais étant débutant on n'a pas les bons réflexes, à savoir placer des stops ou même couper ses pertes. L'attente est longue : à chaque fois que le cours remonte, l'espoir renaît (non plus de sortir une PV, mais au moins de limiter la casse), et chaque fois qu'il redescend, c'est plus bas que la fois précédente, et le moral avec. Chaque semaine on se dit "j'aurais mieux fait de vendre la semaine dernière..."

Au bout d'un à 2 ans, je finis par bien comprendre ce que "se couper un bras" signifie. La décision est dure mais nécessaire. Bilan des courses : - 40% sur une ligne, -60% sur une autre, -50% sur une troisième... La moitié de mon capital est parti. Je réalise alors que dans cette spéculation irrationnelle qu'est cette bulle, je n'ai participé pratiquement qu'à la descente. Mais je suis 100% liquide. Ca repose enfin l'esprit !

 
 
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Edouard Valys Editions : Après avoir encaissé une perte de 50% sur votre mise initiale, que vous êtes-vous dit ?

Monsieur Léon : Une telle gamelle engage une profonde réflexion intérieure. On est tenté dans un premier temps de retirer ses billes, on repense au confortable livret A (!), on se dit aussi que cet argent est perdu de manière irréversible, et on imagine la foule de choses plus intéressantes que l'on aurait pu faire avec... On pense aussi à sa conjointe : les pertes sont difficiles à annoncer, et d'ailleurs pourquoi lui dire ? Un peu de honte surgit. On pense à ses enfants aussi : quelles belles choses on aurait pu leur acheter avec tout cet argent... Grand moment de solitude... Mais quand on est joueur, quand on sait que dans un trade pris au hasard, il y a finalement une chance sur deux pour que ça se passe mal ou que ça se passe bien, il est bien tentant de vouloir se refaire. Le tout est accompagné d'une certaine forme d'amertume, et peut-être et surtout d'un sentiment de revanche...

Ma décision est donc prise de rester, dans le but de me refaire bien sûr. Mais une chose est évidente, c'est que ma stratégie doit radicalement changer. Ces longs mois de calvaires ont quand même eu un avantage : ils m'ont permis de lire et de m'informer... Mes lignes étant rouges grenat, je n'y touchais plus, et le temps que je passais avant à boursicoter me permettait maintenant de m'instruire. On relit finalement toujours les mêmes conseils : > jouez la tendance, > placez des stops, > coupez les pertes, > laissez courir les gains, > achetez au son du canon, > vendez au son des violons, ... Il est clair que ces nombreux conseils récurrents doivent prendre place dans ma nouvelle stratégie.

Du côté de l'analyse graphique, mes compétences s'améliorent aussi (il n'y a pas de mal puisque je pars du néant !). Ne pratiquement pas l'analyse fondamentale par manque de compétences et d'informations, je me dis au moins que l'analyse technique doit être un minimum maîtrisée, histoire de pouvoir sélectionner ses titres à partir de critères un peu concrets et autres que purement pifométriques... De plus comme je pense que l'AF n'est valable que pour le LT, et que seul le CT m'intéresse, je n'ai pas de scrupules à la laisser de côté. Je me contente donc en ce qui concerne l'AF de suivre les news propres aux titres qui m'intéressent. Mais pour l'AT, tout y passe : patterns, gaps, supports, résistances, MACD, RSI, canaux, fanions, retracements, volatilité, volumes... C'est intéressant en plus.

Je prends donc désormais les trades avec une vision toute différente. Je n'ai plus le droit à l'erreur. Le but est de faire du cash. Avant de rentrer sur un titre, je regarde si le ratio espérance de gain / risque de pertes est raisonnable. Je n'hésite pas à suivre un titre plusieurs jours s'il ne suit pas idéalement mes critères d'entrée. Je me fixe dès le départ un objectif de gain et la perte maximale que je peux me permettre d'encaisser. Si l'action part dans le bon sens, je surveille le "point mort" (seuil à partir duquel les frais de courtage sont remboursés) et remonte mon stop pour m'affranchir de toute perte. Je me satisfais de petits gains, et sur du CT. Je reste pourtant persuadé que le LT procure de meilleurs gains, mais je trouve cela moins ludique et moins actif. D'autre part mon capital est maintenant tellement réduit que je n'ai plus trop les moyens d'immobiliser des lignes sur de longs mois, encore moins des années...

Je sélectionne désormais mes titres à partir d'une feuille Excel, perfectionnée au fil des mois par des tas de macros et graphiques en tous genres. Je lance un screening chaque soir après bourse. Les titres sont alors analysés par 3 systèmes de trading en parallèle, et le fichier me ressort sous forme d'un tableau à double entrée les diverses infos qui m'intéressent : cours de clôture à proximité du cours d'un ancien gap non refermé ou d'un cours extrême non dépassé depuis plusieurs mois, augmentation anormale de volumes, figure de swing remarquable, ... Lorsqu'un titre cumule plusieurs signes convergents, je le passe alors sous "surveillance rapprochée" pour les séances à venir...

 

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Edouard Valys Editions : Quelle sont les opérations marquantes qui vous ont fait avancer ?

Monsieur Léon : Les premiers succès de mes opérations ont indéniablement été les introductions des technos, brokers ou "dot com" en 2000, dès l'ouverture de mon portefeuille. Les valeurs étaient largement sur-souscrites, et leurs cours prenaient la direction du nord dès les premières heures de cotation. La position était alors confortable. Fixer des stops pour gérer ses PV est toujours agréable. Cela constitue aussi mes gains les plus rapides, vue la courte période d'immobilisation des capitaux.

Mais mes meilleurs souvenirs de trading ne sont paradoxalement pas ceux qui m'ont procuré le plus de PV, mais ceux qui m'ont procuré une PV rapide. Un gain de 10% en deux jours est pour moi un trade bien plus satisfaisant qu'un trade de 10% en deux mois. Et par définition le fait d'être liquide réduit à néant l'exposition au risque... Mes plus beaux trades sont les actions que j'ai surveillées pendant 2 ou 3 jours, puis décidé d'acheter ou vendre, et qui se sont mis en quelques heures à prendre 5 ou 10% dans le sens espéré.

Une leçon que j'en tire est d'être patient. De nombreuses fois mes screenings du soir m'ont attiré l'attention sur un titre, que je passe dès lors sous surveillance. S'il ne donne pas de signes de démarrage sous 2-3 jours ( ce qui constitue aujourd'hui à peu près mon horizon de placement), je le lâche. Je le retrouve assez souvent un ou deux jours après dans le palmarès, filant dans le sens prévu... Mais on dit souvent que le Bourse est le Temple des regrets, cela doit être normal !

 
 
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Edouard Valys Editions : Vous souvenez-vous d'échecs significatifs ?

Monsieur Léon : J'ai quelques beaux échecs à mon actif, surtout à mes débuts. J'investissais pour du moyen terme alors. Je revois France Telecom achetée à 135, montant sans arrêt jusqu'à ce jour ou elle prend 20 ou 25% dans la journée pour culminer à 220 et quelques... Je me revois très bien me demander quel jour je la revendrai ! Quelques semaines après elle était à 160, et je regrettai de ne pas l'avoir vendue, mais je me promettais de la vendre si elle repassait mon cours d'achat à 135... Et quelques mois après je la revendais à ... 95. Expérience douloureuse, mais pour me consoler je la regarde voguer vers 18 aujourd'hui...

Les échecs sont néanmoins riches d'enseignements. Je sais aujourd'hui que si une action ne suit pas le scénario suivi, il faut la lâcher tout de suite. L'étude faite n'était pas valable, ou l'on n'a pas eu de chance, ou le marché n'était pas prêt, ou l'on est complètement à l'envers ou n'importe quoi d'autre d'ailleurs, mais il faut lâcher. Sinon on ne maîtrise plus ce qu'il nous arrive. On ressemble à une coquille de noix ballotée sur un océan, au gré des humeurs de celui-ci. C'est particulièrement désagréable. On se retrouve à croiser les doigts pour que cela monte, on stresse quand cela descend, on regarde les cours de manière passive. On ne voit que les raisons qui pourraient aller la faire dans le sens souhaité, et on ignore toutes les autres. On n'a plus aucune objectivité dans ses analyses.

Cette grande purge 2001-2002 m'a également montré que le marché était moutonnier et n'avait pas de limites. Moutonnier car certaines actions encensées un jour pouvait être maudites le lendemain, et ce sans aucune explication rationnelle. Des mouvements d'ampleur, contradictoires, avec de gros volumes, qui démontrent clairement que beaucoup de boursicoteurs essaient de se placer tant bien que mal dans le sens du vent, avec plus ou moins de bonheur dans leurs timings... Cela fait parfois penser à une foule qui courrait dans un sens, puis soudain, se mettrait à courir dans le sens opposé. Il vaut mieux courir dans le même sens qu'elle, sinon ça devient vite fatiguant... On assiste alors à une action qui s'effondre sans raison apparente, faite de vente-paniques avec effet avalanche, alors que très peu de temps avant (la veille ?) elle était sur-achetée...

Cela m'a aussi appris que le marché n'avait pas de limites car il n'y a aucun repère dans une chute. Highwave Optical a perdu plus de 99.8% par apport à ses beaux jours... Est-ce rationnel ? Je parlais de FTE à 220, puis à 160, puis à 135, 90, 50, puis 18... On ne peut s'empêcher de se répéter tout au long de la descente cela va remonter... Mais non, le marché a toujours raison comme on dit. Ce sont des extrêmes que le débutant a peut- être du mal à s'imaginer au début... J'ai tradé Alcatel à 90, puis à 2.5 quelques mois après... Il faut s'y faire ! Cela démontre, si cela était encore nécessaire, à quel point il est stupide de ne pas couper une perte !

 
 
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Edouard Valys Editions : Comment vous organisez-vous pour gérer vos positions en bourse par rapport à votre travail ?

Monsieur Léon : Je suis ingénieur en aéronautique. Je mène plusieurs projets en parallèle, sur des durées typiquement de 6 mois à un an. Certaines périodes sont plus chargées que d'autres, mais globalement, je peux toujours trouver quotidiennement du temps pour "jeter un coup d'oeil" sur le marché... Je compense par une durée hebdomadaire assez lourde à mon travail.

Je "screene" chaque soir une série d'actions que j'ai sélectionnées suivant certains critères qui me sont chers : volatilité assez élevée, volumes suffisants... J'ai également écarté certaines actions que je ne sens pas ! Je suis incapable de prédire le sens d'évolution d'une action telle que Business Objects par exemple. C'est inexplicable, mais mes modèles ne s'appliquent pas à elle ! Je la laisse donc de côté avec quelques autres...

Je crois beaucoup à l'aide automatisée pour le trading. On ne peut humainement pas regarder toutes les actions chaque soir après la clôture. Mes systèmes m'orientent donc suivant leurs critères vers 0 à 3 titres chaque soir. Je les étudie alors graphiquement et écartent ceux qui ne me semblent pas intéressants ou trop risqués à jouer. Je recoupe celui ou ceux retenus (s'il en reste !) avec les news propres au titre ou au secteur, afin de vérifier que mon AT ne soit pas altérée ou modifiée par une annonce macro-économique, sectorielle ou provenant de la direction de la société, puis je bâtis une stratégie si ces filtres sont passés. Je me fixe un objectif de gain, de perte max, et cherche un point d'entrée. Je regarde si le couple CAC/Nasdaq est susceptible d'être en phase avec le sens de mon trade (ça aide !), puis passe l'action sous "surveillance rapprochée". Je surveille alors la courbe intra-day et le CO, 2 ou 3 fois par heure, afin de vérifier que 50% au moins du marché "pense comme moi" ! Si le point d'entrée est atteint, je passe l'ordre puis suis le cours en trailing stop en fonction de ses résistances ou support ID. Je ne dépasse plus le stop fixé au départ.

J'ai fait récemment l'acquisition de Metastock à mon domicile. J'ai pu backtester mes modèles. Je les ai ensuite transcrits en Excel afin qu'ils soient portables plus facilement sur un lieu de travail... La Bourse a cet avantage que l'on n'est pas obligé de s'y atteler en permanance quand on trade en court terme. Le screening et les analyses port-clôture du soir me prennent une vingtaine de minutes, et mes surveillances (quand je suis en position ou que je cherche un point d'entrée) une à deux heures max par jour. Si je n'ai pas le temps de trader, je me contente de mettre mes cours à jour dans mon système.

Pour conclure cette nouvelle approche m'a permis de redresser mes finances. La performance globale de mon portefeuille a été de 18% en 2003. C'est loin d'être faramineux, mais investissant assez peu, je suis soumis à des frais de courtages assez élevés qui pénalisent sensiblement ma performance. D'autre part, tant que c'est vert... En 2004, les 20% devraient être passés (en tout cas c'est bien parti pour). Je me dis qu'après tout c'est toujours mieux que le livret A que je regrettais au début...

 

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