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16% par an depuis 5 ans, quelque soit la tendance des marchés, avec 350 millions d'euros
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Rivoli International Fund est un FCIMT piloté à 100% par des systèmes de trading. Depuis 1997, année de
son lancement, ce fond gagne en moyenne 16% avec une perte maximale cumulée limitée à 10,9%.
Une performance remarquable compte tenu des soubresauts vécus par les indices boursiers au cours de la même
période.
L'un des gérants de Rivoli Fund, Thaddée Tyl a accepté de faire le point sur les systèmes de trading,
en abordant notamment les problèmes de stabilité des stratégies mécanisées et la difficulté de la mise
au point de systèmes de trading sur les actions.
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(interview exclusive réalisée en juillet 2003)
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Edouard Valys Editions : Quel est le montant des capitaux que vous gérez ?
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Thaddée Tyl : Nous avons actuellement sous gestion environ 350 millions d'euros. Notre encours a
pratiquement doublé au cours des douze derniers mois. Rivoli International Fund est fermé désormais aux nouveaux
clients. En revanche, Rivoli Managed Account Program (géré à partir des mêmes systèmes de trading que ceux
utilisés pour Rivoli International Fund, mais en étant conçu pour pouvoir assumer environ 1 milliard d'euro
d'encours) a encore de la marge avant d'atteindre ses limites.
Ce deuxième fonds a gagné 43,5% en 18 mois avec
une perte maximale cumulée de 14,9%. Enfin, nous avons deux autres fonds avec une clientèle plus
institutionnelle, l'un sur de l'obligataire dynamique (+12,4% en 18 mois et 2,9% de pertes maximales cumulées)
et l'autre, sur du monétaire dynamique.
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Edouard Valys Editions : Vous bénéficiez maintenant d'un recul de plus de cinq ans sur vos systèmes de trading.
Ils ont prouvé leur efficacité au niveau des performances. Comment ont-ils vieilli selon vous ?
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Thaddée Tyl : Je trouve qu'ils ont bien vieilli. En observant les "drawdowns" (la perte maximale cumulée),
les choses ont cependant évolué. Avec la cyclicité des stratégies notamment. Ce ne sont plus les mêmes qui tirent
les gains. (pour information, la méthode de gestion de Rivoli Fund Management utilise 20 stratégies différentes
sur 30 marchés de taux, devises, matières premières et indices boursiers, ce qui fait potentiellement plus de
600 positions différentes en temps réel).
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Edouard Valys Editions : Les investisseurs individuels qui développent des systèmes de trading ont souvent
des problèmes de stabilité des résultats. Au bout de quelques mois ou quelques années, tout se dérègle et les
pertes sont au rendez-vous. Que pourriez vous leur conseiller afin que ces derniers puissent progresser à ce
niveau ?
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Thaddée Tyl : Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il est pratiquement impossible d'éviter les périodes de
grosses pertes en étant mono marchés, mono système. Des taux de réussite à 70% ne peuvent pas durer éternellement.
Les stratégies marchent un temps, quelques trimestres ou quelques années, mais tôt ou tard, elles perdent de leur
pertinence au profit de nouvelles. Le seul moyen de gérer cet aspect contraignant des marchés s'appelle la
diversification.
Il existe plusieurs moyens de diversifier une gestion fondée sur les systèmes de trading. Le premier est
l'horizon d'investissement. Nous en avons défini quatre chez nous. L'horizon de trading représente le très court
terme. Il va de une à quelques séances. Ensuite, le court terme s'étend de deux à trois semaines. Le moyen terme
court de un à trois mois. Enfin, le long terme concerne toutes les stratégies qui dépassent le trimestre.
Hormis l'horizon d'investissement, il est possible de diversifier à partir de la nature des marchés. Devises,
taux, matières premières et indices boursiers principalement. Cependant, cette diversification est moins efficace
en période de gros stress comme la guerre du Golfe, où les marchés sont interconnectés. Elle fonctionne mieux en
période de "train train" habituel.
Enfin, le mélange de différents types de stratégies aide à stabiliser les performances d'un ensemble de systèmes
de trading. Suivi de tendance, contre tendance, "patterns", tout est permis.
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Edouard Valys Editions : Au niveau des styles de stratégies, pourriez vous préciser un peu votre typologie ?
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Thaddée Tyl Effectivement, les différences entre les genres ne sont pas toujours claires, en particulier,
lorsque les horizons de temps se superposent. Un suivi de tendance à court terme peut très bien ressembler à un
contre tendance long terme ! Ensuite, au sein du suivi de tendance, il y a le suivi avec ou sans target de
profit. Par exemple, un signal de suivi de tendance se déclenche. Soit on sort en permanence au bout de 20% de
gains, ou alors lorsque le signal de suivi de tendance change de sens. Autre possibilité, les stratégies de suivi
de tendance filtrées ou non filtrées. Ce qui signifie qu'il y a un indicateur en amont, complémentaire,
qui analyse la qualité de la tendance détectée. Cette dernière est-elle suffisamment pure pour être jouée
ou non ? Enfin, les "patterns" peuvent servir à affiner une entrée en position. Par exemple, nous avons
un signal en suivi de tendance pour acheter. Le sens est donc déterminé. Nous pouvons utiliser alors les
signaux haussiers de "patterns" en complément pour passer à l'action.
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Edouard Valys Editions : Au niveau de vos recherches dans les systèmes de trading sur les actions, où en
êtes-vous actuellement ?
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Thaddée Tyl : Nous avons beaucoup avancé. D'une manière générale, la mise au point de systèmes de trading
sur les titres est plus dure que sur les marchés à terme. Le coût d'intervention (courtages et slippage) est
plus élevé. En outre, le comportement des actions est vraiment différent. Sur le marché de l'euro contre dollar,
il est pratiquement impossible de déterminer combien vaut l'euro. Idem sur les marchés de taux longs. Les cours
sont donc abstraits. Alors qu'avec une entreprise, nous avons des comptes de résultats, des bilans et il existe
des commissaires aux comptes, capable de dire avec une méthodologie précise combien vaut une société. Le jeu
est donc différent.
Ce que j'ai observé, c'est que l'approche "contrarian" (contre tendance) fonctionne mieux
que le suivi de tendance sur les titres. Le seul hic, c'est la difficulté à mettre au point des stratégies
avec un contrôle du risque efficace.
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Edouard Valys Editions : Les investisseurs individuels sont réputés pour aimer la contre tendance. Ils adorent
intervenir sur un point bas ou un point haut.
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Thaddée Tyl Le problème avec le "contrarian" se situe au niveau de la répartition des pertes et la
fixation du stop. En effet, si il n'y a pas de stop, la catastrophe arrivera tôt ou tard car il est impossible
d'avoir raison en permanence, en devinant chaque point bas ou point haut avant les retournements de tendance.
Tôt ou tard, des excès sont commis. Le meilleur exemple est l'envolée sur les indices boursiers à la fin de
l'année 99. Les stratégies de contre tendance sans stop ont perdu alors beaucoup d'argent. En revanche, si on
place des stops systématiquement, cela limite les risques, mais cela va manger beaucoup de profit car dans de
nombreux cas, des positions gagnantes seront stoppées prématurément. D'une manière générale, avec la contre
tendance, les gains sont faibles alors que de temps en temps, les pertes peuvent être assez élevées. En plus,
le "contrarian" est moins stable dans ses résultats que le suivi de tendance.
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Edouard Valys Editions : Quid de la diversification sur les actions ?
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Thaddée Tyl : Il y a besoin d'infrastructures pour se diversifier et bien mutualiser les risques.
Suivre 1000 titres me semble nécessaire. En outre, à moins de 50 actions en portefeuille, j'estime que les
pertes fortes ne peuvent pas être amorties. Une centaine de position est meilleur. Par rapport au risque de
ruine, on peut envisager un hedge indiciel. En utilisant par exemple un système de suivi de tendance sur
l'indice avec des contrats futures et en achetant des titres en contre tendance. Si les positions sont
correctement dosées, et en cas de tendance forte sur l'ensemble des marchés, les pertes sur les stratégies
contrarian pourront être compensées par les gains en trend following sur indice, avec le risque que la
performance de la contre tendance soit annulée par les pertes du suivi de tendance ou vice et versa !
J'ai essayé également du suivi de tendance très filtré. Mais j'ai échoué. Ces systèmes ne gagnent pas
beaucoup. Leur intérêt se situe surtout au niveau de la diversification. Ils stabilisent la performance d'un
ensemble de systèmes en gagnant par exemple au moment où les approches " contrarian " perdent. Ce qui permet
de contrôler le " drawdown " en le maintenant à des niveaux acceptables.
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Edouard Valys Editions : Quelle est la solution ?
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Thaddée Tyl : Il reste le "market neutral". On appelle également ce concept "relative value" ou encore
"statistical arbitrage". Le principe est simple. Il s'agit de trouver une relation entre deux actions dans un même
secteur ou deux secteurs proches. En principe, les deux actions évoluent parallèlement, et donc si on observe une
dérive, par exemple la première action étant sous cotée par rapport à la seconde, on achète la première et on
short la deuxième. On spécule donc sur des écarts qui se ressert après un élargissement trop important. Il est
possible de monter ce genre d'opérations à partir de relations entre deux ou plusieurs actions ou paniers d'actions.
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Edouard Valys Editions : Comment s'organise plus précisément cette approche ?
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Thaddée Tyl : A l'aide d'un programme informatique qui analyse des milliers de valeurs. Il recherche
automatiquement les corrélations existantes entre les différents titres, en utilisant les outils d'analyses
statistiques adaptés (la théorie statistique à ce sujet est assez complexe, mais fournit de très bons outils).
La deuxième étape consiste à bâtir un autre système qui est chargé d'analyser la stabilité dans le temps de ces
corrélations. Les relations mises en évidence de cette façon sont souvent très stables dans le temps
(elles durent parfois plusieurs années) et permettent de prendre des positions d'arbitrage à peu près
insensibles aux mouvement global des marchés (" market neutral ", ou beta zéro). Les prises de position
générées de cette façon ont un horizon assez court (deux semaines au plus), et sont assez profitables.
Deux inconvénients cependant : elles demandent une très bonne maîtrise des outils informatiques et statistiques,
et sont autodestructrices (si trop de monde traite les mêmes arbitrages en même temps, les opportunités
d'arbitrage n'existent plus !)
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