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Les divergences et les chandeliers japonais de retournement
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Rencontre avec Gérard Sagnier, responsable de l'analyse technique au Crédit Agricole Asset Management et
son assistant, Sébastien Augeron. Ces derniers ont accepté d'expliquer l'une des principales stratégies
qu'ils utilisent pour anticiper les retournements de tendance des marchés sur toutes les échelles de temps,
que ce soit intra day ou daily. Cette technique constitue le dernier chapitre du livre "12 Stratégies pour
trader à horizon 2/8 jours sur les valeurs du SRD".
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(interview exclusive réalisée en octobre 2003 pour le livre dont voici quelques extraits ci dessous)
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Edouard Valys éditions : Depuis combien de temps utilisez-vous cette stratégie fondée sur les divergences
et les chandeliers japonais de retournement ?
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Gérard Sagnier : Depuis 1998, soit cinq années. Globalement, la stabilité des résultats est satisfaisante.
De toute façon, aucun système n'est fiable à 100% en bourse.
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Edouard Valys Editions : Quelles sont les particularités de votre technique ?
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Gérard Sagnier : toute la difficulté de ce genre de stratégie réside dans l'interprétation de la divergence.
Il est rare que le nouveau top sur les cours soit un chandelier japonais de retournement qui apparaît juste au moment
où le RSI dessine une divergence. La plupart du temps, le timing d'apparition des deux éléments de base de cette
technique n'est pas parfait, ce qui implique une certaine liberté au niveau de l'appréciation des signaux. En d'autres
termes, la méthode est bonne, mais les règles sont subjectives. Le feeling et l'expérience sont donc irremplaçables
pour savoir sélectionner les configurations. D'ailleurs, d'une manière générale, les chandeliers japonais ont pour
vocation d'inspirer l'intuition des traders. Ils apportent plus d'informations que les bar charts classiques. Mais,
ils ne peuvent en aucun cas constituer une technique de décision à part entière. C'est l'association des différentes
écoles qui permet d'augmenter l'efficacité. Il faut croiser les approches. Je pense que l'analyse technique exige une
certaine souplesse de la part de l'intervenant. Nous sommes en face de phénomènes répétitifs. Mais ces derniers ne sont
jamais parfaitement identiques. Il faut donc savoir interpréter les petits détails : par exemple, lorsqu'un doji a lieu
le lendemain d'une divergence. En y réfléchissant, ce décalage d'une journée n'est finalement pas si grave. Mais il peut
suffire parfois à introduire le doute dans l'esprit du trader.
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Edouard Valys Editions : Que pensez-vous de la reconnaissance informatique des stratégies ?
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Gérard Sagnier : L'ordinateur est effectivement capable de reconnaître de manière automatique les configurations.
Seulement, comme nous venons de l'évoquer, les figures ne sont pas toujours parfaites. Un pendu doit-il avoir un corps
représentant un tiers ou un quart de la bougie ? L'imagination et la créativité humaine vont pouvoir jouer un rôle
d'interprétation en tenant compte ou non de cet aspect. Tandis qu'un ordinateur programmé avec une règle fixe ne dispose
pas de cette souplesse.
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Edouard Valys Editions : Pouvez-vous préciser cette notion d'interprétation ?
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Gérard Sagnier : Il s'agit en fait de tenir compte de la psychologie des intervenants. Un ordinateur ne sait pas
reconnaître la cupidité ou la peur de perdre. Un trader a besoin de comprendre qui achète et qui vend sur le marché
qu'il suit. Quel est l'impact des fondamentaux économiques sur les intervenants ? Est-ce des traders en train de couper
leurs positions court terme ? Des investisseurs qui achètent à long terme le marché français ? En cas de fausses sorties
ou de confirmations de figures chartistes, il est également nécessaire de comprendre ce qui se passe. Certes, il subsiste
toujours le risque de se tromper. Et d'avoir tort. Il faut accepter car ce danger fait partie du jeu. Les positions
doivent tout simplement être coupées. Hormis ces aspects psychologiques, un autre enjeu de l'interprétation est constitué
par l'intégration des différentes écoles de l'analyse technique. Prenons un exemple, celui d'une divergence baissière en
format quotidien, alors que, en format hebdomadaire, un très gros support est visible. Que faire ? Vendre juste sur le
support ou ne pas tenir compte du signal ? Un ordinateur va prendre les signaux les uns à la suite des autres sans
s'interroger sur le bien fondé de la situation. Alors que l'être humain est capable d'enrichir l'approche. Certes,
l'homme interprète en fonction de ce qui l'arrange, ce qui peut également causer sa perte. Mais il dispose en lui des
capacités pour battre la sélection mécanique d'un ordinateur. Pour résumer, le succès de la bourse à court terme repose
sur une alchimie qui mélange l'inventivité humaine, avec le croisement de différentes méthodes d'analyses techniques
exploitées sur différentes échelles de temps.
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Edouard Valys Editions : Au niveau de la sortie des positions, les intervenants se plaignent souvent de leur difficulté
à gérer les prises de bénéfices. Que pouvez-vous leur conseiller ?
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Gérard Sagnier : je n'ai aucun conseil à donner. Surtout avec la technique présentée dans ce chapitre. D'ailleurs,
d'une manière plus générale, il n'y a pratiquement jamais aucun objectif de gains en analyse technique. Les techniques
chartistes ne sont pas très efficaces à ce niveau. Sauf peut-être avec les vagues d'Elliott. Avec la stratégie des
divergences, il est impossible de savoir à l'avance s'il s'agit d'une opération de trading avec un petit mouvement à court
terme ou d'un retournement majeur à moyen terme. La subjectivité, le feeling et l'intuition servent de points de repères.
Encore une fois, il est important d'accepter l'idée qu'on peut se tromper. Il est préférable de bien savoir couper les
mauvaises positions plutôt que de rechercher la technique miracle qui permet de gérer toutes les difficultés du trading.
Car à ma connaissance, cette dernière n'existe pas.
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