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photo1 Itinéraire d'un investisseur particulier

Serge Douguedroit a acheté un par un, nos quatre premiers livres. Interpellé, nous avons pris contact avec lui. Nous avons découvert un passionné de la bourse et de l'analyse technique. Il a accepté notre proposition d'interview dans laquelle il nous raconte ses recherches, ses errements et ses doutes. Nous avons aimé son humilité et sa simplicité. De la bourse pratique à l'état pur, comme nous souhaitons nous en faire l'écho chez Edouard Valys éditions.

 
(interview exclusive réalisée en décembre 2003)
 
 
 
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Edouard Valys Editions : Pouvez vous nous raconter votre parcours par rapport à l'analyse technique ?

Serge Douguedroit : J'ai découvert la bourse en mai 1999 sur les conseils d'un ami. J'ai commencé comme beaucoup en lisant les revues hebdomadaires. Très vite je me suis tourné vers l'analyse technique car je n'arrivais pas à m'investir dans l'analyse fondamentale. L'analyse technique est devenue une véritable passion, au même titre que j'ai pu aimé auparavant le vélo. Pour être plus précis, j'adore faire des recherches à partir des historiques de cours, mettre en place des stratégies, puis me confronter alors au présent des cotations. Je suis toujours à l'affût d'idées et d'approches nouvelles. C'est difficile à expliquer ce que l'on ressent aux gens qui ne s'intéressent pas du tout à la bourse.
 
 
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Edouard Valys Editions : Au niveau de vos lectures, quel a été votre cheminement ?

Serge Douguedroit : Mon premier livre a été " l'investisseur visuel " de John Murphy. Par la suite, j'ai lu tous les livres qui touchent à l'analyse technique parus chez Valor éditions. J'ai trouvé très intéressant " vivre du trading " de Alexander Elder et j'ai beaucoup aimé lire " mémoire d'un spéculateur ". J'aime encore m'y replonger de temps en temps. Le livre qui m'a accroché le plus et que j'ai lu plusieurs fois est " Secrets pour gagner en bourse " de Stan Weinstein. Il m'a d'autant plus fasciné que c'était la première fois que je voyais une " méthode " de toute pièce. Encore aujourd'hui, j'ai le réflexe d'essayer de savoir dans qu'elle phase se trouve le marché.

Sur Internet également, il est possible de trouver des récits très intéressants sur la bourse, je pense notamment à un en particulier qui m'a beaucoup plu : " l'apprentissage d'un analyste technique " de Forveil. La personne qui m'a le plus fait progresser est Stéphane Ceaux-Dutheil. A travers ses analyses, j'ai vu comment un professionnel travaillait. C'est par lui que j'ai appris à travailler avec méthode, je garde toujours en mémoire sa façon dont il structure et gère une position. Enfin, je citerais des livres comme " psychologies des marchés financiers ", " le chartisme ", " analyse technique pratique et méthode " etc…

 

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Edouard Valys Editions : Vous dévorez les livres…

Serge Douguedroit : J'ai beaucoup lu, mais j'ai mis beaucoup de temps à progresser, car les livres ont tendance à ne montrer que des situations où l'analyse technique fonctionne… alors que dans la réalité, je me suis vite rendu compte qu'il y avait beaucoup de cas ou cela ne fonctionnait pas ! Souvent d'ailleurs, je me suis découragé, en me disant que l'analyse technique ne marchait pas. Avec un peu de recul, mon problème venait du fait que je ne voulais pas perdre. En conséquence, je ne m'y préparais pas psychologiquement et j'étais déçu. Je ne voulais pas admettre que savoir pratiquer l'analyse technique, c'est également savoir perdre tout simplement. Aujourd'hui je prends le problème à l'envers. En effet, je commence par me poser la question suivante : combien suis-je prêt à perdre sur ce trade ? J'ai remarqué par expérience qu'avoir raison cinq fois sur dix sur mes positions, était déjà bien, en particulier, quand le CAC 40 fait du surplace. Donc, si je sais gérer mes pertes je peux m'en sortir. Perdre 5% est le maximum que j'accepte sans trop souffrir psychologiquement.

Hormis ce point, je me suis aperçu également qu'il fallait avoir une grande confiance en sa méthode pour pouvoir résister a toutes les embûches qui se présentent. A cet égard, il est finalement nécessaire de prendre le temps de bien l'essayer fictivement. C'est beaucoup de travail : apprendre, voir, tester les choses par soi même, s'en imprégner, ne pas avoir peur de passer des heures et des heures devant son logiciel sans parfois aucun résultat au final. Cela me semble être le prix à payer pour acquérir l'expérience, cette dernière faisant souvent la différence dans les moments difficiles. Dans ce cadre, je me suis appliqué à chercher des techniques se rapprochant le plus possible de l'automatisation, cette approche m'évitant les doutes une fois la position prise.

 
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Edouard Valys Editions : Vous avez acheté nos quatre livres à quelques semaines d'intervalles. Nous aimerions savoir ce que vous en avez pensé ? Cette question pourrait paraître farfelue compte tenu du fait que cet interview sera publié sur le site éditeur de ces livres. Difficile pour vous de critiquer frontalement… Mais tant pis pour la crédibilité, nous osons…

Serge Douguedroit Très bien. Osons ! Dans un de vos livres, vous avez demandé à l'auteur s'il n'avait pas peur de donner sa technique d'investissement. Ce dernier vous a répondu par la négative car selon lui, les gens ne peuvent pas tenir sur une même méthode bien longtemps. Je pense également qu'il a raison, la meilleure preuve étant, qu'à partir de ses exemples, j'ai rajouté d'autres ingrédients afin d'adapter les techniques à ma personnalité. Je crois que c'est le plus important. Peu importe finalement la technique, le point essentiel étant d'être en confiance avec.

Vos livres en ce sens sont très intéressants, car ils sont une bonne source d'inspiration pour tous les gens qui, comme moi, recherchent de nouvelles techniques. Toutefois, de tous vos livres, celui de Samuel Rondot (systèmes de trading) m'a le plus impressionné. Je n'avais jamais vu encore un livre qui donnait des techniques toutes automatisées. Cela me fait d'autant plus envie que je ne sais pas programmer. Vraiment j'aurai bien aimer savoir créer des modèles comme lui, d'autant plus que j'ai le logiciel qu'il utilise (Platinium de Waldata).

En dehors de ces points, on peut le dire. Lorsque je vous ai appelé la première fois au téléphone, vous m'aviez répondu que vos livres étaient d'un genre nouveau. Vous ne m'aviez pas menti car ils m'ont fait progresser en quelques semaines alors que je stagnais depuis un moment. Je suis actuellement en train de tester un petit système en prenant un peu d'idées dans chaque livre.

 
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Edouard Valys Editions : Voilà la principale raison pour laquelle nous tenions tant à ce que vous acceptiez cette interview. Rencontrer des lecteurs utilisateurs des techniques d'investissement présentées dans nos livres est terriblement intéressant, car vous avez probablement pensé à des points qui nous ont échappé !

Serge Douguedroit : En fait, je suis parti du premier livre que j'ai lu qui est plus simple que les autres mais très efficaces (Techniques d'analyse graphique prêtes à l'emploi). J'ai paramétré en période deux jours mon graphes afin d'avoir plus facilement les points hauts et bas importants, puis je trace une droite de support ou résistance lorsque c'est possible. Dessous, j'ai mis l'indicateur (plus haut / plus bas *100 afin qu'il soit proportionnel à la période deux jours que j'ai prise au départ). Je filtre ainsi comme préconisé dans votre dernier livre (12 stratégies pour trader à horizon 2/8 jours) en ne retenant que les actions qui cassent les supports ou résistances uniquement s'y ils se trouvent au-dessus de 1.33 sur mon indicateur de volatilité. Je trouve que cela filtre bien les faux signaux.

Ensuite, je rentre sur les titres lors de petits retracements qui sont très fréquents, ce qui offre souvent un bon cours d'entrée (je ne perds pas plus de 3% tous frais déduits). Pour la sortie, j'ai un problème. Je n'aime pas brider les positions à 10% de gains quand on sait combien il est dur d'avoir raison en bourse. J'essaye de palier ce problème avec le MACD que j'ai paramétré en 12/26/3 pondéré : je sors lorsqu'il se retourne. C'est efficace lorsque l'action décolle. Cependant, si ce n'est pas le cas, je redonne une grande partie de mes gains. Les résultats pour l'instant sont satisfaisants. Dés le premier mois, j'ai obtenu + 5.90% de gains à partir du 6/10/2003 en ayant tourné sur 19 actions (gains maxi +47% sur Ubi Soft, gains mini +2.80% sur Cap Gemini), avec un maximum potentiel de dix actions en portefeuille.

 
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Edouard Valys Editions : Et au bout de deux mois ?

Serge Douguedroit Avec la sortie non bridée, à l'aide du MACD, j'obtiens 11 positions gagnantes parmi 24 au total. Les gains vont de +0,65% à +47% et les pertes de -0.59% à -4.35% nets de frais. J'ai détenu au maximum huit positions et en moyenne, seulement cinq dans mon portefeuille. La position la plus longue a duré 28 jours et la plus courte, 2 jours. Néanmoins, pour être honnête, la formule de Stéphane Loutiac qui consiste à sortir de manière fixe vers 10 ou 11% obtient un très léger avantage. Finalement, en laissant courir les gains ou en sortant sur un objectif fixe de profit, les résultats sont identiques !
 
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Edouard Valys Editions : D'autant que Stéphane Loutiac a constaté ce phénomène en plein marché baissier en 2001 et que vous parvenez à la même conclusion deux ans plus tard, en plein marché haussier… C'est Samuel Rondot, l'auteur du livre sur les systèmes de trading qui sera bien content, car il a donné l'explication statistique dans son livre : le marché français fonctionne comme une véritable savonnette où les techniques de suivi de tendance ont du mal à fonctionner. Rien d'étonnant donc à ce que les positions qui ont progressé de 11% dans un sens, soient coupées avec profit. Que retenez-vous de votre expérience récente, liée finalement pour beaucoup aux livres de Stéphane Loutiac sur l'analyse graphique ?

Serge Douguedroit : Aujourd'hui, je n'essaye plus trop de savoir vers où va aller le marché. J'ai trop souvent eu tort. A ce titre, investir en mars 2003 sur les actions était judicieux, mais il fallait être courageux, surtout lorsque l'on pouvait lire partout qu'il fallait attendre. J'ai encore tendance à trop faire confiance aux bruits : cela m'est préjudiciable. D'ou l'importance d'une méthode dont on a toute confiance.

Je retiens de cette toute petite expérience de deux mois, qu'il est difficile de faire mieux que le CAC 40 lorsqu'il monte, chose que je n'avais pas remarqué avant la lecture du livre de Stéphane Loutiac. En outre, il faut être le plus rigoureux possible dans la prise et la gestion des positions. Certes, je le sais, mais je n'arrive pas toujours à bien l'appliquer.

Autre point toujours en accord avec Stéphane Loutiac, il ne sert à rien de surcharger les graphes. Je me suis en effet toujours demandé comment faisaient les analystes dont les graphiques sont remplis de traits partout. Comment parviennent-ils à savoir lesquels vont tenir et lesquels vont rompre. Au niveau des indicateurs numériques, j'ai vraiment du mal avec eux, car ils peuvent fonctionner une fois et les deux fois suivantes, ils ne marchent pas. Il n'est donc pas évident d'avoir confiance en soi.

Enfin, je trouve la méthode de Stéphane Loutiac très bien pour commencer à prendre confiance en soi car c'est le plus important en bourse. Je compte continuer à approfondir cette technique notamment au niveau du filtre. Pour le reste, j'en suis très satisfait.

En guise de conclusion, plus j'avance dans mon apprentissage, plus je me rends compte que ce que j'ai lu auparavant dans les livres est très dur à reproduire dans la réalité. Je comprends pourquoi certains laissent tomber au bout de quelques mois en se disant que cela ne marche pas .Il faut être sacrement motivé et passionné pour s'accrocher et peut-être finir par gagner régulièrement avec l'analyse technique. J'espère avoir un jour cette fierté de pouvoir dire, que je sais ce que je fais lorsque j'interviens en bourse.

 

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