Souvenez-vous !
Un jour, vous vous êtes acheté une voiture. Je ne rentrerai pas dans les critères qui vous ont amené à privilégier tel modèle par rapport à telle marque…
Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si vous avez soulevé le capot du moteur afin de déterminer précisément les paramètres mécaniques et techniques mis en place par le constructeur. Hum, vu que de l’aveu même des garagistes, l’électronique est désormais partout présente et que les moteurs sont capables d’auto-diagnostiquer leurs pannes, je doute que vous vous soyez longtemps prélassés devant ce tas de ferraille scientifiquement assemblé.
Si je spécule un minimum, ce qui vous a intéressé dans votre voiture, c’est plus l’aspect visuel du véhicule, ses performances, son aura sociale, sa fonction… Est-ce que le fait de ne rien comprendre au fonctionnement de votre mécanique vous a empêché de vous en servir ? J’en doute aussi. Vous avez simplement passé les vitesses et appuyé sur les pédales en écoutant le son de votre moteur, sans trop savoir ce qui s’y passait vraiment à l’intérieur. Ce qui importe, c’est, finalement, de rouler en fonction de vos besoins.
Question ! Pourquoi en serait-il autrement du Forex ?
Il faut aborder ce jeu de la même manière.
Rares sont les investisseurs à démarrer leurs aventures financières par le Forex. Les premières expériences ont presque toujours lieu en bourse, sur le marché des actions. Le Forex arrive dans un second temps.
Basiquement, qu’est-ce que ce Forex ? Il représente en fait le marché mondial des changes. Au lieu d’y échanger et de spéculer sur des parts d’entreprises (les actions), on fait la même chose, mais sur des devises. Dans la logique présentée ci-dessus, peu importe ce qu’elles représentent. Focalisons nous essentiellement sur les potentialités de ce produit ! D’ailleurs, connaissez-vous intégralement la vie et l’état des entreprises que vous mettez dans votre portefeuille ? Probablement non, surtout avec les grandes multi-nationales qui réunissent parfois plusieurs milliers de filiales. Impossible donc.
Remplacez ces entreprises par une devise et vous voilà promu intervenant sur un marché international de changes… Les noms n’ont plus la même couleur, mais les principes de la spéculation financière sont exactement les mêmes.
Je ne crois pas que vous ayez besoin de soulever le capot du moteur pour étudier le fonctionnement des cotations et apprécier les subtilités des changes. La finalité de tout investisseur est de gagner de l’argent. Je dirais même, de gagner un maximum d’argent en un minimum de temps.
Le Forex doit être considéré comme un autre terrain de jeu, offrant des opportunités différentes de celles des actions. Il n’est pas mieux ou moins bien. Cependant, les courtiers du Forex prennent souvent un malin plaisir à mettre en lumière les avantages des devises par rapport aux actions; n’avez-vous jamais lu : « pas de frais de courtages, des cotations 24h/24 ou une liquidité abondante » ? C’est quelque part un piège, car ces arguments détournent votre regard du véritable intérêt des changes, à savoir la différence des comportements des cours sur un plan technique, et surtout, la faible corrélation avec les actions : la bourse peut s’écrouler dans son ensemble, tandis que vos positions Forex grimpent dans le bon sens ou stagnent !
La vérité est très simple : actions ou devises, un marché financier reste un lieu de cotations qui oppose une offre à une demande. Les principes sont universels. Si demain les matières premières ou les taux d’intérêts étaient tous réunis sur une même place mondiale avec des facilités d’accès et d’investissement identiques aux devises, le résultat et les enjeux seraient les mêmes. Il ne faut pas avoir peur de l’inconnu, les changes comme les actions ne varient que dans deux sens : la hausse et la baisse. Vous avez autant (ou aussi peu) de chances de gagner sur les actions que sur les devises. Ce sont les mêmes graphiques, à quelques détails de durée près.
En préparant ce livre j’ai entendu beaucoup de mauvaises langues expliquer que les investisseurs particuliers n’avaient pas leur place sur ce marché international des changes, qu’ils n’avaient aucune chance contre les professionnels… Ce qui ne m’a pas empêché de rencontrer par ailleurs des intervenants non professionnels qui parvenaient à exploiter à merveille le Forex.
C’est l’éternelle histoire du verre à moitié plein et à moitié vide. Par quel côté le regardez-vous ? Qui allez-vous écouter ? Ceux qui exploitent l’opportunité existante ou les théoriciens qui commentent et conseillent dans le vide… ou ne parviennent pas à tirer leur épingle du jeu ?